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Ce site a été mise à jour le Lundi 09 Mai 2022 à 09:18

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Du carrefour «BP cité», à 50 ou 60m sur la gauche, en longeant le boulevard Ndogbati, on tombe à pic chez elle, Lisa, la nourricière pas comme les autres dans une ville où le plat moderne continue à faire le raz de marrée des restaurants.

  C’est un endroit qui n’a rien du luxe métropolitain. C’est simplement une gargote, des plus banales d’ailleurs, qui, en temps normal n’attirerait pas même une mouche. Et pourtant, à certaines heures de la journée, notamment en début d’après midi, c’est souvent le grand plein de monde. Pas de places assises pour les retardataires. On se débrouille chacun comme on peut, juste une question de se faire servir son petit mets qui fait alors étrange recette par-ci. C’est le « ngwéa tjobi ». Une recette essentiellement basaa de plus en plus adoptée par d’autres tribus.  

Ngo Gouet Elise est une ndôg béa de Makak ma Njôk Bayémi, et plus précisément du village de Libamba. Mais il ya pas un autre nom par lequel on la connaît à la cité en dehors de « Lisa », à moins souvent de la nommer par son activité : « mama mi ngwéa ». C’est alors une femme mythique de plus de la cinquantaine qui depuis trois années connaît son époque de gloire. Elle est tenancière d’un restaurant exotique qui fait exclusivement dans la fabrique de nos mets traditionnels appelés communément « mingwéa ». Mais alors, elle le fait si bien de manière que cela lui vaut de jour en jour une réputation hors normes.

  Chez Lisa, c’est toujours du beau monde, allant des pauvres aux personnalités, en passant par des commerçants qui ont trouvé mieux d’acheter chez-elle pour exporter vers l’occident. Devant sa baraque située sur le boulevard, des cylindrées attendent patiemment quand leurs propriétaires se la roucoulent douce sur des places souvent rafistolées du bois non poli. Le statut social ne compte plus quand on est client chez Lisa. Ce qui compte pour les uns, c’est perpétré une tradition antique et millénaire, tandis que pour les allogènes, on se contente de manger exotique. Dans ce domaine, aucune autre femme n’avait jusqu’alors mieux fait. Lisa est celle là qui aujourd’hui a réussi le tour de passe-passe d’imposer le petit mets de poisson au panthéon de la cuisine camerounaise. L’éloignement du centre de la ville, l’inconfort ou encore la promiscuité du lieu de son commerce avec le monde des badauds n’ont pourtant rien entamé à sa réussite.  

Tenez, en une seule journée qui démarre à 03 heures du matin pour elle, et qui se termine aux environs de 20h en heure locale, Lisa vend plus d’une centaine de ses petits paquets de mets au prix de 500 f pour les plus petits d’entre eux, et de 1000f pour les grands. C’est vrai qu’ici les plus petits paquets qui sont prisés, et elle en vend de centaines par jour, soit un pactole de 50 000f CFA de recette quotidienne en moyenne. En faisant rapidement les calculs toujours pris sur les moyennes, Lisa gagnera donc par son activité  1 500 000f le mois de 30 jours. Certes dans cette somme, elle doit dépenser plus de la moitié pour l’acquisition du poisson de plus en cher – et ce n’est pas n’importe quelle qualité, il s’agit exclusivement du bar et du mâchoiron – et des condiments qu’elle paie toujours en quantité industrielle.

A ce montant, rien d’étonnant que Lisa se soit reconstruite une nouvelle maison d’elle-même après que la première ait été déguerpie par les travaux de réfection du boulevard,  et n’ait pas besoin d’envier les cadres de nos entreprises, même si elle regrette que ce ne soit que depuis trois années qu’elle connaît cette croissance exponentielle dans son affaire qui a démarré il y a 17 ans. Mais ne dit-on pas que mieux vaut tard que jamais ?...  Lisa est la preuve qu’en toute chose, il faut en plus du génie, de la patience et de l’obstination pour arriver à la réussite.

peuplebassa.com

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